Accueil‎ > ‎

Welcome to Sikkim

publié le 9 nov. 2011 à 09:44 par magali lognoul
Bien avant de partir j'avais posé une exigence concernant notre voyage en Inde : je voulais visiter le Sikkim. J'avais en effet lu que cette  petite région coincée entre le Tibet, le Népal et le Bouthan était le dernier paradis terrestre himalayen, préservé du tourisme de masse et offrant de magnifiques paysages. Le Sikkim ne nous a pas déçu...

Un peu d'histoire

Ne connaissant rien ou presque du Sikkim avant d'y mettre les pieds vous me permettrez ce bref aperçu historique. Le Sikkim fut un royaume indépendant jusqu'en 1975, date à laquelle il fut rattaché à l'Inde. Les habitants du Sikkim ont préféré être rattaché à L'Inde qu'à la Chine toute proche. La population du Sikkim  se divise en 3 groupes : les Lepchas, les Bhutias et les Népalais majoritaires.
- Les Lepchas sont les premiers habitants du Sikkim, on peut encore admirer aujourd'hui leurs maisons traditionnelles construites toute en bois sans un seul clou.
- Les Bhutias ont la particularité d'être une société matriarcale. Les femmes (et c'est bien une exception dans une Inde où la condition de la femme est abominable et je pèse mes mots) occupe une position importante. Elles sont économiquement et sexuellement  libres.

Tout ce petit monde bouddhiste ou hindou vit en harmonie.
On n'a pas vu un seul mendiant  au Sikkim. Les enfants vont à l'école (ils doivent parfois marcher deux heures pour y arriver mais ils y vont).

Vers le Sikkim

Pour se rendre au Sikkim vous devez obtenir un permis supplémentaire. ce dernier est gratuit et peut s'obtenir avant le départ (c'est l'option que nous avons choisie) ou sur place. Ce permis est obligatoire pour tous les étrangers et il ne vous donne accès qu'à une partie du territoire. Les zones proches des frontières chinoises sont interdites aux étrangers et celles au nord sont soumises à des permis supplémentaires. Dès lors on comprend très vite que le Sikkim est une de ces régions "qui se mérite".
Depuis Darjeeling, nous avons pris une "share jeep" ou jeep collective. Le jeu consiste à tenir à quatre sur une banquette prévue pour trois personnes ; chaque jeep transporte donc 11 personnes. Le ticket ne coûte pas cher : 100 roupies pour 4 heures de trajet. Les routes sont en "bon état" si l'on tient compte des torrents qui les traversent parfois, des camions qui y laissent quelques trous et des changements de températures qui peuvent fendre en deux le macadam. Ce n'est pas l'état de routes qui rend le voyage difficile mais plutôt la topographie des lieux. Qui a déjà fait les gorges du Verdon en France ou l’Ardèche sait de quoi je parle.
Le trajet est en effet composé presque uniquement d'une enfilade de tournants en épingle qui serpentent de bas en haut dans la montagne.Une fois arrivé en haut, on redescend et ainsi de suite... le mal au coeur est inévitable et là on se félicite d'être quatre sur la banquette car on est tellement serré qu'on sent moins les bosses et les trous. par contre les paysages sont EPOUSTOUFLANTS! Après chaque tournant vous découvrez un nouveau tableau : des forêts luxuriantes d'où s'échappent quelques singes, des rizières en terrasse cent fois plus grande que celles de Bali, des cascades qui dévalent la montagne, des torrents, des rivières cristallines, des villages tout de bois
Vous croisez également des écoliers souriants qui vous font coucou, des mamans portant leur bébé sur leur dos, des ouvrières cassant des pierres assises au bord de la route, des porteurs et porteuses un panier en osier coincé sur la tête, des villageois...

Gangtok


La première impression en arrivant à Gangtok fut : Waouhhhhhhhhh comme c'est propre, comme c'est calme.Presque pas de klaxon, des poubelles partout, un piétonnier! (impensable partout ailleurs en Inde), des fleurs, des gens souriants qui vous disent welcome to Sikkim au détour d'un escalier... Un paradis indien, je désespérais de le trouver, il était bien caché mais il existe bel et bien. Gangtok, capitale du Sikkim fut notre première étape. ce fut également notre première expérience de coachsurfing. Expérience mitigée puisque notre hôte était en réalité le propriétaire d'un hôtel qui nous a fait la chambre à 200 roupies la nuit, un excellent rapport qualité prix mais pas vraiment du coachsurfing. Par contre nous avons pu rencontrer Prune, une jeune étudiante française en Anthropologie (une Mini Béné) qui vit actuellement à Gangtok pour ses recherches et avec qui nous avons passé de très agréables moments autour d'une bière.


DIWALI

C'est à Gangtok que nous avons pu assister à  la fête de Diwali où le Noël indien. Diwali célèbre la victoire de Rama sur le roi des démons, la victoire du bien contre le mal.

C'est une fête hindoue où l'on offre des cadeaux aux enfants, on allume des bougies et surtout, à Gangtok en tout cas, c'est la grande foire aux feux d'artifice. On a passé un très bon moment à déambuler dans les rues jonchées de pétards, à regarder les habitants revêtus de leur plus beaux atours.



Ravangla


Grâce à Banu, notre "coachsurfeur" de Gangtok nous avons eu la chance de passer 2 nuits au coeur d'un village Buthia. Une sorte de gîte à la ferme très confortable si ce n'est la manque d'eau chaude, problème malheureusement récurrent dans cette région.

La famille qui nous a accueilli nous a fait découvrir son village et ses maisons traditionnelles.
Nous avons pu goûter à la fameuse bière de Millet, préparée de manière artisanale avec la récolte de la ferme.
Vous devez verser de l'eau chaude sur la pinte en bois contenant du millet, vous buvez avec une sorte de paille, c'est délicieux :)

A Ravangla nous avons également fait de merveilleuses mais fatigantes balades dans les montagnes du coin (que les habitants s'obstinent à appeler collines, mais à plus de 2000 mètres c'est bien des montagnes).
On a croisé des petites fermes isolées où le temps semble s'être arrêté : des paysans qui labourent avec un boeuf et un soc, pas de route...




Pelling
Nous avons passé nos quatre dernières nuits au Sikkim à Pelling, autre petit village perché dans la montagne et réputé pour sa vue imprenable sur le Kangchenjunga.
Pour la vue on n'a pas trop été gâté mais on a quand même pu admirer la chaîne himalayenne le premier jour au lever du soleil, c'est un spectacle toujours extraordinaire qui vous fait sentir tout petit.
A Pelling, on s'est fait plaisir en passant 2 nuits dans un très bel hôtel so british, avec feu de bois, chauffage et eau chaude. L'hôtel a la réputation d'offrir la plus belle vue de tous le Sikkim mais le brouillard ne nous aura pas permis d'en profiter réellement; par contre on a adoré se faire chouchouter et renouer avec le luxe indien... On a également fait une excursion d'une journée en voiture où nous avons pu admirer de nombreuses et spectaculaires chutes d'eau, un lac sacré, un monastère perché comme toujours au sommet d'une "colline". On a rencontré de charmants habitants dont une adorable petite fille avec qui j'ai sympathisé le temps d'un repas. Une longue journée fatigante pas tellement à cause des collines à grimper qu'à cause des centaines de tournants en épingle que notre voiture a dû franchir pour nous ramener chez nous!

Bye Bye Sikkim






Le Sikkim est la première région d'Inde du Nord où je me suis sentie vraiment bien. C'est en effet un vrai paradis perdu, authentique et préservé. La faune et la flore sont extraordinaires, les paysages époustousflants, l'air sain... Le Sikkim fait de nombreux efforts pour promouvoir un tourisme vert et écologique et il y réussit plutôt bien pour le moment. Je n'ai qu'un souhait, y revenir un jour... en famille peut-être.











Philippe prenant son rôle de maître de cérémonie de ma soeur avec beaucoup de sérieux. Il a fait son speech devant un magnifique temple bouddhiste perché au sommet d'une montagne bien évidemment :)

Monastère de Tashiding

Spectaculaire chute d'eau dans les environs de Pelling
Yuksom

Autre cascade dans les environs de Yuksom

Moulins à prières au monastère de Tashiding

Diwali


Chez les Buthias à Kewzing
Petit cours d'anglais - hindi au coin d'une table

La vue pour laquelle on se levait tous les jours à 5 heures du matin
Comments