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On dirait le sud

publié le 23 juin 2012 à 09:10 par magali lognoul   [ mis à jour : 23 juin 2012 à 12:00 ]
La Nouvelle-Orléans
Après l’ouest des États-Unis, nous voici partis à la découverte du Sud, destination la Louisiane.
La ville emblématique de cet état est La Nouvelle Orléans, célèbre pour son carnaval, ses orchestres de jazz et aussi malheureusement à cause de l’ouragan Katrina qui a dévasté totalement la ville en 2004.
Aujourd’hui en arpentant le quartier français, le centre touristique de la ville, on ne voit plus guère de trace de l’ouragan par contre les orchestres sont toujours là. A chaque coin de rue, vous pouvez écouter des musiciens pour la plupart très talentueux. De très nombreux spectacles se jouent également dans la rue. A la Nouvelle Orléans tout le monde peut éprouver son talent. Les plus doués réunissent des centaines de personnes et organisent de véritables show à ciel ouvert.


Musique de rue à la Nouvelle-Orléans


Le quartier français s’articule autour de la rue Bourbon, une rue entièrement dédiée à la fête voire à la débauche diront certains. Pour nous, c’est le deuxième endroit le plus décadent des Etats-Unis (après Las Vegas). Les fêtards qu'on y croise et l'odeur qu'on y hume rappelle un peu le carré à Liège. En vous éloignant de cette rue vous trouvez de très nombreux cabarets-cafés où vous pouvez écouter des groupes de tout style en buvant un bon cocktail. Les rues du quartier français renferment de petits bijoux architecturaux, le tout agrémenté d’une atmosphère baroque qui confère un « je ne sais quoi » de magique à cette ville hors du temps.




La Nouvelle Orléans c'est aussi la capitale du Vaudou. On trouve de nombreuses échoppes vendant des poupées Vaudou, des charmes et des envoûtements divers. Dans un pays où les attaques en justice sont un sport national, l’envoûtement le plus à la mode est un cocktail spécial « pour rendre débile l’avocat adverse ».
Les cimetières sont d’ailleurs un haut lieu touristique dans cette ville où se déroulent de nombreuses scènes du film « Entretien avec un vampire ».



On se sera peu éloigné du centre mais les quelques fois où nous l’auront fait nous aurons pu constater que tous les stigmates de Katrina n’ont pas encore été effacés. Certaines maisons sont toujours dévastées et de nombreux habitants n’ont pas retrouvé leur foyer. En parlant une dame (fan d’Hercule Poirot, et oui la Belgique ce n’est pas que le chocolat et la bière pour les Américains), nous apprendrons que La Nouvelle Orléans est une des villes où le taux de criminalité est le plus élevé du pays. C’est aussi elle qui détient le triste record du plus grand nombre d’obèses. C’est vrai qu’on a croisé pas mal de malheureux, de pauvres gens couchés sur les trottoirs, des regards perdus… On aura pu appréhender un peu le Sud, sa complexité, ses cicatrices. Ici la population noire est majoritaire mais c’est aussi la plus fragilisée et celle qui a le plus souffert de l’ouragan.

Last but not least, la Nouvelle Orléans ne serait pas ce qu’elle est sans sa délicieuse cuisine cajun et créole. Les deux mets stars sont le Gumbo et le Jambalaya.
Pour le Gumbo vous n’en trouverez pas deux les mêmes. Chaque cuisinier a sa recette mais il s’agit toujours d’une soupe à base de roux brun aromatisée avec de la viande (saucisse fumée et autre), parfois des fruits de mer, et servie avec du riz.
On a eu la chance de découvrir une gargote qui selon beaucoup sert le meilleur Jambalaya de la ville. On ne peut pas vraiment comparer mais ce qu’on peut dire c’est que c’est à se damner. On y est retourné deux fois de suite …
La cuisine créole est très pimentée. Dans les magasins de souvenirs des étalages entiers vous proposent de très nombreuses sauces piquantes dont certaines peuvent vous causer de réelles brûlures et doivent impérativement se consommer diluées. On s’est contenté de tester les classiques, bien assez relevés à notre goût.





Pour ma part c’est un super coup de cœur. J’ai adoré déambuler dans les ruelles, écouter des prodiges assises sur un trottoir, dévorer des huîtres à 0,25$, boire un cocktail dans un aquarium, visiter les boutiques Vaudou, assister à des spectacles de rues, boire un verre de vin accoudée à un bar en écoutant un duo de jazz… Bref un séjour parfait dans une ville qui offre de nombreuses surprises à qui veut bien s’y attarder. On devait rester trois nuits, on y restera cinq. Un seul regret : ne pas avoir pu visiter les plantations environnantes et faire une excursion dans le bayou à la découverte des crocos faute de moyens.






Au Three muses

On a retrouvé le Petit Théâtre



Atlanta
En chemin vers Washington D.C., on a fait une pause d’une journée à Atlanta, histoire de ne pas s’enfiler 48 heures de bus sans interruption. A priori, la ville qui a vu naitre le Coca-Cola n’avait pas beaucoup d’attrait à nos yeux. L’attraction première, vantée par les dépliants touristiques est… le musée Coca-cola à la gloire de Coca-cola. On a fait l’impasse sur cette pétillante visite. A la place, on a découvert l’impressionnante sépulture de Martin Luther King qui est né à Atlanta. C’est aussi ici qu’il avait son Eglise. Son mausolée est entouré de salles d’exposition qui retracent sa vie et son combat pour les droits civiques basé sur la non-violence. L’ensemble forme un parc national et est donc financé par l’Etat fédéral.
L’endroit est émouvant et le musée très didactique. Nous y apprendrons notamment l’admiration que portait le Docteur King au Mahatma Ghandi (dont nous avions visité le mausolée lors de notre voyage en Inde du sud en 2008).
 On est sorti du parc avec une nouvelle vision de cette ville qui reflète bien l’ambivalence des Etats-Unis, un pays où peuvent se côtoyer le capitalisme sauvage et un idéalisme porteur d’espoir.





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