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Atterissage indien

publié le 15 oct. 2011 à 06:06 par Philippe Rondas
Ça fait maintenant une grosse semaine que nous sommes arrivé en Inde.

Bien franchement: je nous croyais un peu "rodés" par notre précédent séjour (1 mois en Inde du sud en 2008). Et bien franchement: je me trompais.

L'arrivée à Delhi fut étrangement facile (j'aurais du me méfier): le taxi ne coûte pas cher, il nous emmène là ou on veut aller du premier coup, l'hôtel est propre et d'un rapport qualité/prix acceptable...
Le lendemain, on va réserver le train pour Lucknow. Là aussi, ça se passe trop facilement: à peine une demi heure pour trouver le bon guichet dans la gare, et puis seulement 1 heure 30 pour réserver le train. Un plan qui se déroule sans accroc.

Et puis, patatra, on arrive a Lucknow... Bing, la gifle indienne: la misère partout, la foule qui nous dévisage, la crasse et la puanteur, les rabatteurs et les rickshawallas qui nous assaillent...
Ceux qui ont été en Inde garde le souvenir de tout ça. Nous en tout cas, nous avions manifestement refoulé une partie de ces sensations vécues il y a trois ans. Pour être juste, l'Inde du nord est réputée plus difficile à traverser que l'Inde du sud.
Et Lucknow - capitale de l’état indien le plus pauvre - n'était peut être pas une première escale idéale.


Nous avons donc fuit Lucknow le plus vite possible pour Bénares, ville sainte (pour les hindous). Les pèlerins y affluent de toute l'Inde pour se purifier dans le Gange. Bénares (aussi appelée Varanasi) est une ville pleine a craquer, avec le traffic routier le plus bordélique qu'il m'ait été donné de voir. Malgré tout, après Lucknow, notre séjour au bord du Gange m'a paru d une suave tranquillité.

J'ose à peine écrire que nous nous sommes maintenant mis au "rythme indien" mais je crois bien qu'on ne pourra pas faire plus pourri que notre journée à Lucknow.
Quoi qu'il en soit, partout en Inde, nous croiserons la misère, les gosses de trois-quatre ans qui mendient, la bureaucratie kafkaïenne, les odeurs de nectar de confiture de pissotière, les cafards et les souris qui viennent te saluer et les rabatteurs qui tentent de te filouter à tous les coins de rue.

Mais il y aura aussi les temples splendides, les paysages irréels, les rencontres belles et/ou émouvantes, les trajets incroyables (dans un rickshaw qui prend des trajectoires incroyables), les conversations rafraîchissantes et les saveurs improbables.

Maga racontera certainement les choses autrement. Ce n'est pas simple d'exprimer le cocktail de sentiment que m'inspire ce pays de tarés. C'est le lieu le plus dépaysant que je connaisse. Pas seulement pour ce qu'on y voit, ce qu'on y entend, et ce qu'on y sent mais aussi et surtout pour l'état d'esprit qu'on est forcés d'adopter pour supporter ce bordel misérable/joyeux/dramatique/magique/glauque/paisible.
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